Contexte : La santé maternelle pendant la grossesse et la période postnatale englobe la santé mentale, un facteur essentiel pour un déroulement optimal de la grossesse et de l'accouchement. Malgré le dépistage d'autres complications possibles durant cette période, le dépistage des troubles de santé mentale reste largement insuffisamment pris en compte. Or, ce dépistage est un outil crucial pour un diagnostic précoce et, à terme, une prise en charge rapide des complications.
But : Cette étude visait à évaluer les outils de dépistage de la santé mentale maternelle disponibles et à comparer les résultats de leur utilisation pendant la grossesse et la période postnatale sur le continent africain.
Méthodologie: Cette revue systématique inclut des articles publiés en Afrique. Elle a été enregistrée sur PROSPERO sous l'identifiant CRD42024586869. Les bases de données consultées étaient AJOL, PubMed et CINAHL, et les études publiées en anglais entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2024 ont été incluses. La littérature grise a également été prise en compte. Les termes MeSH utilisés étaient : « Maladie mentale maternelle » OU « Maladie mentale périnatale » OU « Dépression » OU « Anxiété » OU « Grossesse » OU « Postnatal » ET « Outils de dépistage » OU « Échelle de dépression postnatale d'Édimbourg (EPDS) » OU « Questionnaire de santé du patient (PHQ-9) » OU « Échelle à 7 items du trouble d'anxiété généralisée (GAD-7) ». Afin de limiter les risques de biais, l'outil d'évaluation du risque de biais de Cochrane a été utilisé.
Résultats: La plupart des études étaient transversales ( n = 15) ou longitudinales ( n = 6), avec des échantillons allant de 37 à 3 311 participants. L’outil de dépistage de la santé mentale maternelle le plus fréquemment utilisé était l’échelle de dépression postnatale d’Édimbourg (EPDS). Le questionnaire de santé du patient (PHQ-9) était couramment utilisé en Éthiopie, et le questionnaire d’auto-évaluation (SRQ-20) était répandu dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Les études ont été menées principalement en Afrique du Sud ( n = 12), en Éthiopie ( n = 5), au Nigéria ( n = 5) et dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne, notamment en Ouganda, au Rwanda, au Kenya, au Cameroun, en Gambie et au Mali.
Conclusion: Les troubles de santé mentale maternelle demeurent très fréquents en Afrique, mais restent sous-diagnostiqués. L'EPDS et le SRQ-20 sont les outils de dépistage les plus validés et les plus utilisés ; toutefois, des lacunes persistent en matière d'intégration des services, de formation des prestataires et de dépistage adapté aux spécificités culturelles. Intégrer le dépistage dans les soins de santé maternelle et infantile de routine pourrait combler les lacunes actuelles en matière de détection et de traitement.